La grand-mère d’Emmanuel né Cambou a fait partie des premiers Zoreys de la départementalisation. Directrice de l’école du centre à Saint-Pierre, Simone Watremez-Dutouquet a séjourné de 1953 à 1963 à La Réunion avec la mère d’Emmanuel. Né dans l’hexagone, il rêve de ce pays lointain au cours des séances de diapositives ektachrome de La Réunion des années 1950 dans une maison de Dordogane avec un chien Coton, des tortues marines naturalisées dans les couloirs et des mobiliers de salon en rotin.
Sa mère médecin généraliste se réinstalle subitement au Port où elle occupe le poste de directrice de la crèche municipale. Emmanuel la rejoint le 15 août 1980 à 14 ans pour habiter à la Zup III et suivre les cours du lycée de Saint-Paul.
La mère d’Emmanuel est proche des milieux culturels qui gravitent autour de la ville du Port et du Parti Communiste Réunionnais. Ilcroise, adolescent, les membres du groupe Zisakakan, Danyel Waro, Carousel, Alain Peters, Marco Payet, etc. Il cohabite un temps avec Gaston Hoarau, le frère de Danyel, en couple avec sa mère, dans la case familiale chemin Georges… Hoarau à Trois-Mares.
Il est grapheur la nuit sous le nom de Yakadir et improvisateur à la Ligue d’Improvisation Réunionnaise le jour.
Il est repéré par Baguett qui vient de fonder la Compagnie Koméla avec Véronique Hermitte. Installés dans une vieille maison créole au centre de la ville du Tampon, ils commencent à jouer en castelet classique dans les écoles primaires du département. Koméla devient ainsi la première compagnie de théâtre de marionnettes professionnelle de La Réunion.
En 1986, la compagnie Koméla crée le festival Tempo, biennale consacrée aux arts de la marionnette et au théâtre d’objet. Emmanuel Cambou organise la campagne de communication à base de silhouettes géantes de bord de routes. Le festival Tempo, qui accueille dès sa création des grands noms de la marionnette internationale, est en fait le tout premier festival moderne de l’île de La Réunion.
Installé à Paris, il créé une compagnie de théâtre d’objet (Yakadir) dont le seul et unique spectacle « Un œuf qui a bien marché (est toujours meilleur) » est joué en appartement dans la capitale.
Une fois par semaine, il est remplaçant du régisseur lumière du cabaret de transformiste « Chez Michou ».
Entré comme comédien au théâtre Vollard, Il est tour à tour administrateur et chargé de relations publiques de la compagnie et médiateur de l’espace culturel de Jeumon. Il administre les représentations parisiennes du spectacle Votez Ubu Colonial en 1995 à Paris où il ouvre le premier bureau du Théâtre Vollard. Il est également scénographe de spectacle et conçoit les entractes, les fêtes urbaines et la communication du Théâtre Vollard.
Emmanuel Cambou joue Max dans le téléfilm Les Flamboyants (1986), Jacmel dans Étuves (1988), Valère dans L’Esclavage des Nègres (1988), un général dans Amphitryon (1990), Fernando dans Marie-Dessembre (1991), Friedrich dans Lepervenche.
Lépervenche
1er décembre 1990 : Cité, terrain vague de l’Héliospace, Le Port
Il est également scénographe pour la pièce Les Dionysiennes et conçoit les entractes, les fêtes urbaines et la communication du Théâtre Vollard.
Il repeint la Marianne, conçoit l’exposition Bâtissages avec Laurent Segelstein, invente les espaces de Jeumon, du Ti’Bird puis du Kabar Bar en 1991, 1992 et 1994, organise les fêtes Dékadèr (1989), Alé Marcel (1991), Mille Bougies (1993)
À l’occasion du spectacle Étuves du Théâtre Vollard, créé autour du bicentenaire de la Révolution française, Emmanuel Cambou apprend le rappel et repeint la Marianne — ce rocher de La Réunion dont la silhouette évoque le profil de la Marianne républicaine.
comme Jeumon à la Belle Étoile en 1996 ou Kabar Z’intermittents en 1997.
De retour dans l’île il se met à son compte comme graphiste et scénographe d’expositions sous le pseudonyme d’Emmanuel Kamboo. Un « K » pour le local, 2 « O » pour le global.
Profils, DDVQM, INcyclopédie, Bokor
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